par Cid de Andrade. Édition #2 du 2 Mai 2026

Temps de lecture : 3 minutes

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J’ai entendu cette histoire il y a quelques années, dans un podcast. Elle ne m’a jamais quitté.

Ça s’est passé en Angleterre. L’interviewée racontait le jour où elle est entrée dans une pâtisserie de quartier, pour rencontrer le patron et, si possible, lui raconter quelque chose. Il était là. Elle prit une bouchée d’un énorme cookie et commença son récit.

Elle lui expliqua que quelques années plus tôt, par une soirée de décembre glaciale, une veillée funéraire se tenait dans le funérarium situé en face de sa boutique.

Les gens, emmitouflés dans leurs manteaux et leurs grosses écharpes, faisaient la queue devant le bâtiment pour venir présenter leurs condoléances à la famille du défunt. La pluie fine rendait le moment encore plus éprouvant.

Puis, comme sorti de nulle part, un homme est apparu et a commencé à distribuer du café chaud aux personnes qui attendaient dehors. Ceux qui entraient dans le funérarium avec un café à la main murmuraient qu’un homme mystérieux en offrait gratuitement, et combien ce geste leur faisait du bien.

Interrompant son récit, elle demanda au patron de la pâtisserie :

« J’ai le sentiment que cet homme, c’était vous. Je me trompe ? »

Il s’attendait à la question et répondit très humblement :

« Oui… Je me sentais tellement mal pour eux, j’avais envie de faire quelque chose. Ayant déjà fermé la boutique, tout ce que je pouvais faire à ce moment-là, c’était de rouvrir et de leur faire du café. Alors j’ai fait du café. »

Elle lui confirma que son geste avait fait du bien à beaucoup de personnes ce soir-là, en les aidant à se réchauffer et en leur rappelant qu’il reste parfois des gestes simples qui comptent. Il avait apporté une forme de chaleur humaine à un moment difficile.

On peut imaginer le patron, debout dans sa boutique qu’il venait de fermer, regardant ces personnes faire la queue dehors, dans le froid.

À cet instant, il ne pouvait pas faire grand-chose.

Il ne pouvait pas changer la météo.
Il ne pouvait pas effacer leur perte.
Il ne pouvait pas alléger ce qu’ils affrontaient.

Mais il restait quelque chose à sa portée : faire du café.

Alors il a fait du café.

Ce geste paraît presque dérisoire de l’extérieur.
Il ne règle rien. Il ne change pas la situation.

Mais il peut faire la différence.

C’est peut-être là que se situe l’essentiel.

Dans les moments difficiles, on a tendance à focaliser sur ce qui nous dépasse, ce qui paraît trop grand, trop compliqué, hors d’atteinte.

On se retrouve bloqué.

L’exemple ici concerne le fait d’aider (ou pas) quelqu’un. Mais ce type de blocage dépasse largement ce contexte.

On le retrouve dans les relations, au travail, ou face à soi-même, dès qu’une situation paraît trop vaste, trop complexe, au point de nous faire renoncer à agir.

Pas forcément par manque de volonté ou de générosité, mais parce que rien ne semble suffisant pour mériter d’être fait.

On s’abstient. On se met en retrait.

On attend un meilleur moment. Une meilleure idée. Une solution plus complète.

Alors que, souvent, il reste quelque chose à portée de main : un geste simple, presque banal, mais ajusté à la situation.

Pas spectaculaire. Tout simplement approprié.

Un geste à l’échelle du réel.

Faire ce qu’on peut, avec ce qu’on a, là où on est.

Avant de quitter la pâtisserie, contrôlant ses émotions, elle regarda le patron et termina par ces mots :

« Cette veillée, c’était pour mon fils de seize ans. Merci pour votre gentillesse. »

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